Elizabeth P.

L'Archipel du Chien
13 août 2018

Combien de fois ai-je pris ce livre en main dans une librairie et l’ai reposé.
Pourquoi ? Je ne sais pas trop. J’avais entendu dire que c’était sombre, pessimiste.
Mais j’aime beaucoup Philippe Claudel, alors, ça y est, je l’ai enfin acheté.
La première page m’a mise mal à l’aise, dérangée. Je l’ai ressentie comme une leçon de morale adressée à chaque lecteur, en préambule. Mr Claudel semble vraiment en pleine désillusion quant à la nature humaine, c’est ce que j’avais ressenti en lisant "Inhumaines". Bon, passée la première page, on entre dans l’histoire.
Trois migrants sont retrouvés morts sur une plage de l’archipel du chien. Seules quelques personnes seront au courant de cette macabre découverte. Elle pourrait compromettre un projet touristique de thermalisme sur l’île.
Se dévoile alors la noirceur des âmes. Entre psychologie sans concession des êtres humains et enquête policière, on assiste à une lente descente aux enfers.
C’est bien, fort bien écrit. La construction du récit est impeccable. Tout tient la route.
On referme le livre avec une sensation d’écoeurement, de saccage, et une certaine désillusion sur la nature humaine.
Mais bon, ne nous laissons pas gagner par le pessimisme de Philippe Claudel.
S’il est vrai que la situation actuelle est inquiétante, notamment par rapport aux migrants, tout le monde n’est pas indifférent et de belles actions sont réalisées par de nombreuses personnes

Clientèle

Cécile Reyboz

Éditions Actes Sud

13,99
27 juillet 2018

Avocate spécialisée en droit du travail, Cécile Reyboz nous propose un panel de clients. Leurs problèmes au travail les amènent à rencontrer la narratrice, avocate comme elle.
Celle-ci utilise le « nous » à la place du « je » pour raconter ses rencontres avec eux (ce qui est un peu agaçant).
Sa journée finie, elle devient à son tour cliente, de boutiques, de galeries, de restos, de boîtes de nuit…
Régulièrement, elle écrit des brouillons de lettres à un psy pour lui demander de prendre en charge son fils attiré par la violence.
C’est bien sûr inspiré de la vie de l’auteur, mais écrit comme un roman.
C’est d’ailleurs bien écrit.
L’alternance des rendez-vous de clientèle et de la vie privée allège le côté professionnel qui pourrait être un peu pesant.
En tout cas, cette avocate est plutôt sympathique et soucieuse de ses clients au-delà du problème qui les fait se rencontrer.
Un roman qui est une bonne manière d’entrer dans le monde des avocats.

Marie Curie prend un amant

Frain, Irène

Points

8,00
21 juillet 2018

Avec un titre un peu racoleur, Irène Frain nous entraîne dans une biographie très intéressante de Marie Curie.
Comme à son habitude, elle fait ses recherches très scrupuleusement et ses déductions très habilement.
A partir de tous les documents officiels qu’elle a pu trouver, et surtout de carnet de comptes de Marie Curie, elle reconstitue sa vie hors norme sous forme romancée, plus qu’agréable à lire.
Elle prend un amant, et alors ? Son mari est mort depuis cinq ans.
Oui mais à cette époque, l’adultère est un délit et son amant est marié.
Etre une femme, une scientifique qui obtient deux prix Nobel, ça suscite bien des incompréhensions, bien des jalousies.
Et les débuts de la presse à scandale se jettent sur cette affaire pour tenter de la discréditer.
C’est un excellent travail qu’a fait Irène Frain, et le résultat en est un livre très intéressant, très instructif.

Bondrée
18 juillet 2018

Bondrée c’est un lac à l’état sauvage à la frontière du Canada et des Etats-Unis.
Pierre Landry, un trappeur y vit seul jusqu’à ce que des chalets se construisent et que toute une population s’y installe. Alors Landry disparaît et un jour on le retrouve pendu dans sa cabane.
Bien des années plus tard, une jeune fille disparaît, puis une autre. C’est la panique dans toutes les familles.
J’ai l’impression, en refermant le livre, de sortir du cinéma.
Tout est visuel et parfaitement décrit, les lieux comme les personnages.
L’écriture est parsemée d’expressions anglaises, traduites ou non, et ça lui donne un rythme et un charme fou.
« Le vent, s’était-elle dit, wind on my knees, wind in the trees, sans se soucier davantage de l’origine de ce bruit au sein du silence. »
« Des jumelles auraient-on dit… qui dévalaient la côte Croche en criant look Sissi, look ! Run Zaza, run !
J’ai adoré aussi les noms : Zaza Mulligan et Sissi Morgan, qui reviennent comme un refrain.
Les personnages sont beaux, comme Andrée, la fillette qui raconte une partie de l’histoire, comme l’inspecteur Michaud, qui prend son travail tellement à cœur.
C’est vraiment une très belle fiction inspirée par de vrais décors, les lieux d’enfance de l’auteur.

Les adultes n'existent pas
11 juillet 2018

Julie Mercier a 31 ans.
Elle refuse de devenir adulte, ne comprend pas toutes ses amies qui font des enfants.
Elle a un boulot précaire, quitte son petit ami, est un peu à la dérive.

C’est une satire sociale assez sympathique, mais qui ne m’a pas emballée plus que ça.

J’ai apprécié les multiples références musicales, le ton moderne de l’écriture, mais, en soi, cette histoire ne nous apporte pas grand-chose.
Mais bon, c’est l’été, ça ne prend pas la tête et ce n’est pas désagréable à lire.