Elizabeth P.

Le Blues du boxeur
15 septembre 2018

Je ne suis pas fana de boxe, loin s’en faut.
Mais j’ai bien aimé ces boxeurs là, le père et le fis.
Gerhard, le père, est handicapé provisoirement suit à un accident de travail. Une infirmière, Ellen, vient quotidiennement lui faire des soins. Il a un lourd secret qu’il a toujours caché à son fils.
Frank, le fils a définitivement rompu avec la boxe, il a ouvert un garage de peinture en carrosserie.
Un père dur, bougon, assez pénible mais qu’on aime bien quand même.
Un fils plus réfléchi, plus sensible, très sympathique.
Ces trois personnages principaux sont très attachants.
D’une écriture simple et vivante, ce roman très contemporain nous fait vivre dans le Danemark d’aujourd’hui en compagnie de gens agréables avec lesquels on est heureux de partager un morceau de vie.
Leurs relations sont pleines d’humanité malgré des menaces et des comptes à régler dont on se demande comment ils vont se sortir.
Le sport et la boxe en particulier sont au cœur de l’histoire.

La gouvernante suédoise
15 septembre 2018

À la fin du XIXème siècle, Léonard Sézeneau, français de 40 ans vit en Suède.
Il épouse en secondes noces Hulda, une jeune fille de 17 ans qui sort juste du pensionnat.
Quatre enfants plus tard, le couple, installé à Stockholm engage une gouvernante, Livia.
Mais bientôt, ils doivent déménager en France pour les affaires de Léonard et se retrouvent à Meudon.
Quelle historie prenante !
Que de tendresse et de compassion pour la pauvre petite Hulda, si fragile, si enfantine, si crédule.
Livia, elle, semble à côté de ses sentiments, plutôt froide bien que très proche de Hulda.
Quant à Léonard, distant, mystérieux sur ses activités, il ne m’a guère inspiré de sympathie.
Mais j’ai suivi avec passion leurs aventures, et mon admiration a été encore plus grande quand j’ai compris qu’il s’agissait de la famille même de Marie Sizun.
Une histoire familiale qui lui avait été plus ou moins cachée et qu’elle a reconstitué à partir de photos et du journal incomplet de Hulda.
Elle sait bien raconter , vraiment bien et c’est toujours un grand plaisir de la lire.

K.O.

Hector Mathis

Buchet/Chastel

9,99
16 août 2018

Et bien pour un premier roman c’est un coup de maître !
J’ai tout aimé. l’intrigue, l’ambiance, les personnages, l’écriture, le style...
On est pris du début à la fin par l’histoire de Sitam.
Fuyant tous les attentats à Paris et ailleurs, il part en Hollande avec Capu, son amour.
Il écrit, voudrait publier, se lie d’amitié avec Lariol et P’tit Max, retrouve son pote de toujours, Benji.
Sa rencontre avec Archibald est très émouvante.
Tout est musique et poésie dans les lignes, tendresse et réflexion.
C’est une belle description du monde contemporain, des relations humaines, des passions et des faiblesses.
Un roman très riche et très complet.

L'Archipel du Chien
13 août 2018

Combien de fois ai-je pris ce livre en main dans une librairie et l’ai reposé.
Pourquoi ? Je ne sais pas trop. J’avais entendu dire que c’était sombre, pessimiste.
Mais j’aime beaucoup Philippe Claudel, alors, ça y est, je l’ai enfin acheté.
La première page m’a mise mal à l’aise, dérangée. Je l’ai ressentie comme une leçon de morale adressée à chaque lecteur, en préambule. Mr Claudel semble vraiment en pleine désillusion quant à la nature humaine, c’est ce que j’avais ressenti en lisant "Inhumaines". Bon, passée la première page, on entre dans l’histoire.
Trois migrants sont retrouvés morts sur une plage de l’archipel du chien. Seules quelques personnes seront au courant de cette macabre découverte. Elle pourrait compromettre un projet touristique de thermalisme sur l’île.
Se dévoile alors la noirceur des âmes. Entre psychologie sans concession des êtres humains et enquête policière, on assiste à une lente descente aux enfers.
C’est bien, fort bien écrit. La construction du récit est impeccable. Tout tient la route.
On referme le livre avec une sensation d’écoeurement, de saccage, et une certaine désillusion sur la nature humaine.
Mais bon, ne nous laissons pas gagner par le pessimisme de Philippe Claudel.
S’il est vrai que la situation actuelle est inquiétante, notamment par rapport aux migrants, tout le monde n’est pas indifférent et de belles actions sont réalisées par de nombreuses personnes

Clientèle

Cécile Reyboz

Éditions Actes Sud

13,99
27 juillet 2018

Avocate spécialisée en droit du travail, Cécile Reyboz nous propose un panel de clients. Leurs problèmes au travail les amènent à rencontrer la narratrice, avocate comme elle.
Celle-ci utilise le « nous » à la place du « je » pour raconter ses rencontres avec eux (ce qui est un peu agaçant).
Sa journée finie, elle devient à son tour cliente, de boutiques, de galeries, de restos, de boîtes de nuit…
Régulièrement, elle écrit des brouillons de lettres à un psy pour lui demander de prendre en charge son fils attiré par la violence.
C’est bien sûr inspiré de la vie de l’auteur, mais écrit comme un roman.
C’est d’ailleurs bien écrit.
L’alternance des rendez-vous de clientèle et de la vie privée allège le côté professionnel qui pourrait être un peu pesant.
En tout cas, cette avocate est plutôt sympathique et soucieuse de ses clients au-delà du problème qui les fait se rencontrer.
Un roman qui est une bonne manière d’entrer dans le monde des avocats.