Leurs enfants après eux, Roman

Leurs enfants après eux, Roman

Nicolas Mathieu

Actes Sud

  • 7 novembre 2018

    Prix Goncourt 2018 et grand coup de coeur de la librairie !

    Mathieu retranscrit à merveille les enjeux et les états d'âme de l’adolescence. cette inquiétude, ce questionnement permanent.
    Il analyse surtout brillamment une époque (les années 90), un territoire (le Nord-est désindustrialisé avec ces no man's land ni ville ni campagne et les politiques publiques qui les ont façonnés).
    Un roman nerveux, sec, au ton juste !
    On adore !!


  • par (Libraire)
    31 octobre 2018

    Coup de coeur

    Télérama titrait il y a quelques années "La France moche"; voici la France désillusionnée de Nicolas Mathieu.
    Roman social et d'apprentissage d'une jeunesse grandie dans une ville minière saignée par la désindustrialisation.
    Après le très remarqué "Au animaux la guerre" en cours d'adaptation par France 3, Nicolas Mathieu signe un nouveau roman à la beauté déchirante.


  • 27 septembre 2018

    Coup de coeur

    Je crois que c'est la première fois que je lis un roman sur le thème de l'adolescence dans cette région française, et d'ailleurs sans doute transposable à d'autres. On y sent la désillusion des immigrants venus d'Afrique du Nord et de leur descendance et la vacuité des journées dans ces endroits où il n'y a pas grand chose à faire pour un ado, surtout s'il n'a pas d'argent. On comprend comment on se fourre vite dans le pétrin à vouloir jouer les kékés pour épater les filles parce que finalement, tout commence toujours un peu comme ça. Entre les garçons, tout n'est qu'une éternelle histoire de rivalité qui ne s'efface jamais vraiment. Les filles, elles, rêvent de trouver le grand amour mais elles ne tombent évidemment sous le charme que de ceux qui ne les aimeront jamais, l'inverse est d'ailleurs vrai aussi. Mais contrairement aux garçons, peut-être grâce à leurs origines sociales plus favorisées, elles ont compris l'essentiel : pour se faire une vraie place au soleil et pour quitter ce trou, il faudra étudier, réviser pendant des heures, écourter les nuits. Je me suis incroyablement attachée à ces quatre ados, sans doute plus aux deux garçons qu'aux filles même si un personnage féminin secondaire, Vanessa, m'a beaucoup plu. Il y a de la tendresse dans la manière de décrire ces familles, ces parents paumés qui tentent de faire de leur mieux. Et puis, il y a ces dizaines de phrases qui m'ont saisie par leur justesse et leur force.
    L'alcool, à force, devient un organe parmi d'autres, pas moins indispensable. Il est là au-dedans, très profond, intime, utile à la marche des affaires, comme le cœur, un rein, vos intestins. En finir, c'est s'amputer.
    D'autres m'ont fait éclater de rire. J'aurais envie de vous en citer davantage mais je préfère que vous les découvriez vous-même.
    Je ne manquerai pas de relire l'auteur et je souhaite bonne chance à ce roman dans la course aux prix. Encore une fois, j'ai hâte de voir ce que m'en diront les élèves. Il est sexuellement très explicite ; je trouve qu'il est assez difficile de réussir des scènes sexuelles, or Nicolas Mathieu y parvient très bien. Il montre aussi comment, dans ce genre de relations où tout le monde semble d'accord, l'un des deux ne peut s'empêcher de s'attacher, comme s'il n'y avait d'autres solutions que de vivre en déséquilibre permanent. Si ce roman met en scène des ados, l'adulte que je suis s'est souvent reconnue dans des passages et c'est à mon avis l'une des forces de ce roman.


  • par (Libraire)
    24 septembre 2018

    Quand on est un jeune ado et que l'on vit dans une petite ville de province dans laquelle il ne se passe pas grand chose, on s'ennuie parfois terriblement. Alors on tue le temps comme on peut, on traine, on rêve d'indépendance et l'on vit ses premières grandes émotions tout comme ses premiers grands excès.
    Ce quotidien, c'est celui des jeunes qui font le roman de Nicolas Mathieu dont l'histoire se situe dans la France périphérique dans années 1990, à proximité des hauts fourneaux alsaciens qui faisaient autrefois la renommée d'une région industrielle qui tombe en désuétude. Coincés dans une ville qu'ils rêvent de quitter, ces jeunes de milieux sociaux si différents partagent pourtant les mêmes inquiétudes, les mêmes colères, les mêmes espoirs. Dans un roman très habilement construit, qui s'étale sur une dizaine d'années, leurs destins ne cessent de se croiser et dessinent le paysage d'une époque avec une grande justesse. Dans un style parfois cru, mais toujours authentique, Nicolas Mathieu nous livre un très beau roman social et c'est avec regret que l'on quitte ces personnages tellement attachants.


  • par (Libraire)
    1 septembre 2018

    L'amour en ZUP et bien plus!

    Une histoire où s’entrecroisent Nirvana et Beverly Hills, où l'on s'habille en Levi's 501 et en T shirt Waikiki, où l'on écoute la musique au walkman en prenant des photos avec un Kodak, et où l'on peut enregistrer la Coupe du monde 98 sur une VHS...
    Le tout sur fond de premiers baisers et de passage à l'âge adulte.

    Laetitia.


  • par (Libraire)
    1 septembre 2018

    Paysages

    Ce roman d'une belle et grand ampleur plonge le lecteur dans les années 1990 que vont vivre pendant quatre étés des adolescents en route vers le monde adulte et en particulier Anthony, de ses 14 à 20 ans. Nicolas Mathieu dessine la fresque romanesque d'un paysage géographique, celui d'une vallée de l'est de la France et d'un paysage socio-économique, celui d'un monde industriel en disparition, d'une ville moyenne avec ses zones pavillonnaires, sa bourgeoisie et ses inégalités ostentatoires. C'est aussi le tableau d'une époque, les années 90 rythmées par la musique grunge de Nirvana et la coupe du monde de football en France et le portrait intemporel de l'adolescence, de l'éveil à l'amour et à la sexualité, période des premières désillusions, déceptions et désenchantements. Alternant les passages dialogués et narratifs, Nicolas Mathieu donne du rythme et du souffle à ce roman qui tient toutes ses promesses en faisant vivre et évoluer sans manichéisme ni pathos tous ses personnages.


  • par (Libraire)
    27 août 2018

    Roman choral d'une fluidité exceptionnelle.

    Dans sa BD « Lulu femme nue », Etienne Davodeau racontait l’histoire d’une femme qui voulait s’échapper de son quotidien et de son foyer pour quelques jours. Dans son roman « Les Lisières », Olivier Adam scrutait les vies pavillonnaires au bord des cités. Dans ses livres, Silvia Avalonne, décrit la vie dans les grands immeubles italiens au bord des usines. Tous ont en commun de parler de ces « gens de peu », de ces vies qui ne font pas la une des journaux mais qui ressemblent de si près à la nôtre. Avec « Leurs enfants après eux », Nicolas Mathieu dans son deuxième roman, s’attache lui aussi à suivre, pendant quatre étés, des adolescents en mal de vivre, en recherche de repères dans une région touchée par la crise qui a aboli les valeurs et les repères. C’est dans une vallée de l’Est de la France, proche du Luxembourg, que vivent Anthony, Stephanie, Hacine ou Vanessa. C’est entre des zones pavillonnaires, des ZUP, des ZAC, des ZEP que ces adolescents de 14 ans en 1992, vont grandir, découvrir l’amour, l’argent, le sexe, le cloisonnement social.
    .
    Dans ce roman choral, avec une fluidité exceptionnelle, et un style sans emphase, l’écrivain de Nancy nous transporte dans des vies qui n’ont pas besoin d'évènements exceptionnels pour être suivies. Un superbe livre de l’entre deux: entre deux générations, entre deux catégories sociales, entre deux lieux. Entre le lecteur et un écrivain magnifique.

    Lire la chronique complète d'Eric Rubert sur le site unidivers.


  • par (Libraire)
    20 août 2018

    Si loins, si proches.

    1992, 1994, 1996, 1998, quatre étés dans une petite ville de l'est de la France durement touchée par la crise.
    Anthony et Hacine, deux adolescents si différents mais tellement proches.
    Leurs espoirs, leurs rêves, les premières amours et les premières désillusions.
    Nicolas MATHIEU nous offre un magnifique roman sur l'adolescence et surtout le portrait hyper-réaliste d'une France qui souffre, qui se bat, entre espoir, fatalisme et désillusion.
    Anthony, Steph', Hacine et les autres; ils pourraient être nos frères, nos soeurs, nos voisins, nos enfants....
    Ils pourraient être nous.
    Si loins, si proches...

    Un roman qui par sa justesse et sa sensibilité nous touche en plein coeur.


  • par (Libraire)
    17 août 2018

    Coup de coeur de Rémi

    Anthony et le cousin parviennent à se faire inviter dans une fête chez les bourges. Ni une ni deux, les vlà sur l'YZ du père, à pétarader sur la départementale. Et cette soirée, à l'aube de l'adolescence tumultueuse, volcanique et tellement vivante d'Anthony, va conditionner tout le reste...

    Par ellipses successives, les années 90 se déroulent sous nos yeux, peuplées de reuhleuleus en mob, de grosses têtes, de cassos'. Tout ce petit monde baisouillent, se roulent des chichons de temps en temps, et rêve d'aller voir ailleurs, surtout.

    Tellement juste, tellement fort, le texte de NIcolas Mathieu est une réussite absolue, plein de verve, de rage, d'envie, de vie. Un roman social, politique, engagé aussi, qui fait un bien fou.

    A lire, absolument.


  • par (Libraire)
    11 août 2018

    Il y a Anthony, la belle Stéphanie, Hacine et leurs bandes de copains. A l'été 1992 ils ont entre 14 et 16 ans et s'ennuient ferme dans leur ville d'Heillange dans l'Est de la France où les étés sont si chauds. Anthony vit avec ses parents dans un pavillon de lotissement, sa mère Hélène travaille et tient sa famille à bout de bras. Elle aussi a été jeune et belle, a profité de sa jeunesse avant d'épouser Patrick et de rentrer dans une routine pas vraiment satisfaisante. Cet été là, Anthony tombe fou amoureux de Stéphanie, jeune fille des beaux quartiers dont le père rêve d'une carrière politique. Anthony devra faire preuve de patience pour se rapprocher d'elle. Hacine vit avec son père ancien mineur dans un HLM de la périphérie d'Heillange. Il ne rêve que d'argent facile et de revanche sociale. La confrontation entre ces 3 destins, ces 3 milieux sociaux va marquer profondément la vie de ces jeunes gens et leurs entourages que nous suivons pendant 4 étés (1992-1994-1996-1998).
    Nicolas Matthieu construit son roman comme la chronique sociale d'une ville touchée de plein fouet par la fin d'un modèle économique, la fin d'une époque. On s'attache tout de suite à ces personnages si proches de nous et on ne voit pas passer les 420 pages de ce roman addictif. Nicolas Matthieu est assurément une des belles découvertes de cette rentrée!
    Valérie