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Qu'il emporte mon secret

Le Bihan, Sylvie

Points

6,50
18 novembre 2018

Parler enfin

Hélène, une femme d’une cinquantaine d’années, fut une romancière prometteuse, encensée par la critique, lauréate du prix Femina. Quelques décennies plus tard, ses livres se vendent toujours très bien, même s’ils déçoivent les amateurs de la première heure. Elle se montre moins exigeante, a fait des concessions, s’est mise à boire un peu trop, comme si sa vie lui échappait… Le récit de Sylvie Le Bihan se déroule durant une nuit, celle qui précède le procès qui va obliger son héroïne à se confronter à son passé. Dans l'impossibilité de dormir, celle-ci écrit une longue lettre à un homme plus jeune qu’elle et avec lequel elle a vécu une brève mais intense aventure. Elle lui raconte le viol qu'elle a subi trente ans plus tôt. Demain, la lumière devrait se faire sur ce qui s'est passé, l'obligeant à se souvenir de cette agression qu’elle a mis toutes son énergie à oublier. Ce n’est pas un récit autobiographique, mais bien un roman que signe Sylvie le Bihan aujourd’hui. Si elle s’est inspirée d’un drame qui lui est arrivé (elle fut violée par trois inconnus à dix-huit ans), tout le reste est imaginaire. Conçu un peu comme un polar, avec un suspense et un rebondissement de dernière heure, elle signe un livre que l’on ne peut pas lâcher. Car en dehors de l’intrigue drôlement bien troussée, elle brosse un portrait plein de finesse de son héroïne… C’est probablement dans les sentiments que son livre est le plus autobiographique. Raison pour laquelle il sonne si juste.

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Corruption

HarperCollins

22,90
18 novembre 2018

Ça va être dur de lire autre chose...

Pourquoi un policier franchit-il un jour la ligne rouge, en se laissant acheter et en finissant par se comporter en trafiquant et en tueur ? En se posant la question dans son dernier roman, « Corruption », Don Winslow bouleverse la règle selon laquelle l’intérêt d’un polar tient à la qualité du méchant. Ici, tout le monde en croque, des policiers aux élus, en passant par les juges, avocats, procureurs, promoteurs. Mais le sergent Denny Malone, chef d’une unité d’élite habitué à nettoyer les rues de Harlem à coups de Doc Martens à coque renforcée, ne se satisfait plus des petites enveloppes. Avec ses adjoints, ce flic de choc met de côté une grosse saisie d’héroïne qu’il compte revendre. Assurance sur l’avenir, sur le confort des épouses, les études des enfants. Le début d’un engrenage infernal.

Alliant la précision d’un documentaire sur les rues de New York au souffle d’une tragédie antique, l’auteur montre la dérive des derniers remparts d’une société malade, dépressive, suicidaire. Des policiers qui lâchent prise sous le poids de la violence, du cynisme, des pressions en tout genre, dans une ville où chaque nouveau gratte-ciel trahit une opération de blanchiment. Avec cette fiction vertigineuse, intense, crépusculaire, Don Winslow ne livre aucun message, sinon donner un contexte aux multiples morts de jeunes noirs abattus par des policiers blancs. Chef-d’œuvre du genre comme les premiers volets de sa trilogie du narcotrafic, « La Griffe du chien » (2005) et « Cartel » (2015), ce livre s’expose à un seul reproche : faire paraître bien fade toute autre lecture à venir.

[**Lire notre interview de Don Winslow**](https://www.onlalu.com/2018/11/15/interview-don-winslow-corruption-36944)

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La vie dérobée de Sabina Spielrein
18 novembre 2018

Une pionnière de la psychanalyse

L'histoire peut être injuste envers les femmes pionnières dans leurs domaines d'expressions, esprits brillants méconnus ou muselés, dont les idées sont parfois pillées par d'autres. Les exemples de scientifiques, artistes ou intellectuelles ayant eu contre elles de vivre à l'ombre de « grands » hommes (Camille Claudel), d'être moins prises au sérieux que leurs collègues mâles à talent égal (la pilote Amelia Earhart) sont légion. Ainsi en est-il de Sabina Spielrein, connue par les plus férus de psychanalyse, même si, pour certains, elle n'était que « la maîtresse juive de Jung ». Cette image réductrice d'une hystérique rongée de tics qui finit par coucher avec son psy, véhiculée par « A Most Dangerous Method » (film de David Cronenberg, 2011), est balayée par la biographe Violaine Gelly. Celle-ci lui redonne sa place, c'est-à-dire celle d'une personnalité exceptionnelle de l'histoire de la psychanalyse.

Qui est Sabina Spielrein « ... la première hystérique guérie par la psychanalyse (...) auteure de la première thèse de médecine à contenu psychanalytique » ? Soignée par le jeune Carl-Gustav Jung à la clinique du Burghölzli de Zürich en 1904, elle est née en Russie en 1885.

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LA FILLE D'AVRIL

Heurtier Annelise

Casterman

13,90
18 novembre 2018

"Cours Catherine"

Ce roman dénonce le rôle attribué à la femme dans les années 1960. En effet, cuisine, couture, ménage, ou encore soins aux enfants sont les principales occupations des femmes, qui se doivent de rester au foyer. Travailler à l’extérieur à cette époque là est mal perçu par la société, qui place l’homme comme chef de famille.
Catherine, une jeune fille de 16 ans voit naître en elle le désir de courir. Elle va alors devoir lutter contre les stéréotypes, tels que : « une femme ne peut pas courir », « ça ne se fait pas », « elle va perdre son utérus et avoir des poils sous les bras ». C’est sa rencontre avec Daniel, 17 ans, issu d’une classe sociale favorisée qui va être déterminante : engagé au sein d’un comité d’action lycéen, il instruit la jeune femme et l’ouvre sur des sujets d’actualité inconnus pour elle. Il provoque un jour sans le vouloir un déclic en elle, et son conseil : « Cours Catherine, le vieux monde est derrière nous » est lourd de signification, puisqu’il va lui permettre de se libérer elle-même. La suite aurait été belle s’ils étaient tombés amoureux, mais cela aurait sûrement empêché Catherine de se révolter…
Cette histoire passionnante d’une jeune adolescente qui se bat pour les libertés de la femme aborde sans complexe, sans tabou, des sujets tels que les règles, les poils, le corps tout simplement. Il est aussi une vraie leçon de vie, puisqu’on réalise que la vie des femmes dans les années 60 était difficile, et que c’est parce que certaines d’entre elles ont osé courir et se rebeller que l’on peut profiter de nos libertés actuelles !

**Agathe, 14 ans**

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SAUVAGES

Thierry Magnier

14,50
18 novembre 2018

Seul, face à son destin

Sauvages, Nathalie Bernard, Thierry Magnier
L’histoire de ce jeune garçon, inspirée de véritables témoignages est poignante d’autant plus qu’elle aborde de réels faits historiques.
A travers la voix d’un seul enfant parmi tant d’autres victimes de ces pensionnats autochtones, on découvre cette cruauté envers les enfants, cette sensation de piège, d’emprisonnement, et ce désir absolu de liberté qui se font ressentir tout au long du récit et qui définissent l’atmosphère de l’internat.
Au début du roman, le narrateur se montre mystérieux, solitaire voire farouche vis-à-vis de ses camarades. Ce renfermement dû à la dureté de son éducation se dissout progressivement et laisse place à sa véritable nature, notamment lors de sa course effrénée dans les bois. A partir de là, il se retrouve face à son destin et redécouvre ses racines indiennes laissées de côté depuis si longtemps.
J’ai éprouvé un réel attachement pour le narrateur dont on suit les nombreuses épreuves qu’il doit surmonter, son chemin vers la liberté et ses sentiments, allant de la souffrance à l’espoir. L’auteur a su nous transmettre tout cela à la fois, grâce à des mots simples mais forts.
Je me suis retrouvée plongée dans cette histoire captivante et émouvante, qui ne m’a pas laissée indifférente.

**Clara, 14 ans**

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